Publication de Parc naturel des Sources
Facebook 15/04/2026
Faulda : démonstration de carbonisation végétale sur le Roannay
FAULDA. Produire du biochar en forêt.
« Quand vous le cassez, ça fait presque un bruit de cristal. » On respirait comme des parfums d’antan, rassemblés autour de trois cheminées fumantes plantées dans cette parcelle forestière inclinée sur la rive gauche du Roannay. À l’ouvrage depuis le début de la journée, Géry Wolters et Nicolas Quoilin recevaient la visite de propriétaires membres de l’Association forestière des Sources (Parc naturel des Sources 🔗 Cellule d’appui à la petite forêt privée), venus nourrir leur formation continue d’échanges et d’éclairages neufs. Les deux entrepreneurs y ont exposé leur méthode de fabrication de leur « or noir » : le biochar.
♻️ Puits de carbone
Le bio-quoi ? Le biochar désigne un charbon végétal, obtenu par carbonisation de bois mort. Il s’agit par exemple du charbon que l’on peut utiliser pour filtrer une eau à boire. Avec leur jeune projet « Faulda » (et sa méthode du même nom), Géry et Nicolas visent une fabrication circulaire et ultra-locale. « Notre but est de carboniser les rémanents forestiers – toutes ces branches qui jonchent le sol après une coupe – sur la parcelle même, avec un système portatif. On n’enlève bien sûr pas tout le bois mort car celui-ci a de nombreux bienfaits, mais on libère une partie du terrain en transformant ce qui est souvent perçu comme du déchet en un biochar qui aura des vertus écologiques et productives. »
🔥🚫 Les deux hommes procèdent pour ce faire à une pyrolyse : au lieu de brûler le bois, ils s’appliquent à minimiser les entrées d’oxygène au sein des meules de rémanents. La température doit avoisiner les 500 °C, sans combustion. Au lieu d’être émis dans l’atmosphère, le carbone se concentre ainsi dans la matière. Géry et Nicolas projettent à présent la valorisation du biochar, toujours sur la parcelle dont il est issu. « On va étudier ce que cet or noir peut apporter aux plants suivants après enfouissement dans le sol. On espère confirmer son pouvoir fertilisant. On le voit comme une boucle vertueuse qui se déroule sans se délocaliser. »
💭 Morceaux d’histoire
Le charbon végétal rappelait bien des souvenirs aux propriétaires les plus expérimentés de l’Association. Faulda s’inspire en effet des anciens charbonniers, lesquels s’installaient des mois en forêt à côté des andains qu’ils formaient de branches de taillis, de mousse et de terre brûlant lentement sur les aires de faulde, dont la trace subsiste dans les forêts anciennes. En adaptant le rythme et en y incluant une dimension sociale avec la volonté d’impliquer des personnes précarisées dans du travail ressourçant en forêt, le duo lance un message : à rebours de la mécanisation sylvicole, la pyrolyse et la biochar ont toute leur place sur des parcelles difficiles d’accès. C’est ce que les membres de l’Association forestière des Sources ont pu constater au terme de cette nouvelle session de formation au sujet des techniques de gestion forestière. De quoi donner une nouvelle fois des idées de pratiques innovantes de gestion !
© Parc Naturel des Sources



